Le mélasma est une affection cutanée fréquente, caractérisée par des taches brunes ou grisâtres apparaissant surtout sur le visage, en particulier sur les joues, le front, le nez et la lèvre supérieure. Bien que bénin, il est souvent vécu comme un problème esthétique important, car il modifie l’uniformité du teint. Le traitement mélasma reste complexe, car cette hyperpigmentation est influencée par plusieurs facteurs : l’exposition solaire, les hormones, la génétique ou encore certains médicaments. Cet article propose un tour d’horizon des différentes approches thérapeutiques permettant de traiter le mélasma et de limiter ses récidives.
Comprendre le mélasma avant de le traiter
Le mélasma est dû à une production excessive de mélanine, pigment responsable de la coloration de la peau. Les cellules appelées mélanocytes deviennent hyperactives, sous l’influence de déclencheurs externes ou internes.
Parmi les principaux facteurs :
- Le soleil : l’exposition aux rayons UV est la cause la plus déterminante.
- Les hormones : la grossesse (chloasma ou « masque de grossesse ») et les contraceptifs hormonaux en sont des exemples.
- La génétique : certaines personnes présentent une prédisposition familiale.
- Les cosmétiques ou médicaments photosensibilisants : ils augmentent la réactivité de la peau à la lumière.
Savoir identifier ces causes est indispensable pour instaurer un traitement efficace et durable.
La photoprotection : étape incontournable
Le premier et le plus important traitement du mélasma est la protection solaire. Sans elle, les autres méthodes sont vouées à l’échec.
- Une crème solaire à large spectre (UVA, UVB, lumière visible et infrarouge), avec un indice SPF 50+, doit être appliquée quotidiennement.
- Le produit doit être renouvelé toutes les deux heures en extérieur.
- Le port d’un chapeau à larges bords et de lunettes solaires constitue une protection complémentaire.
La photoprotection ne fait pas disparaître les taches existantes, mais empêche leur aggravation et limite les rechutes après traitement.
Les traitements topiques : les crèmes dépigmentantes
Les crèmes constituent la première ligne thérapeutique. Elles agissent en réduisant la production de mélanine ou en accélérant le renouvellement cutané.
- L’hydroquinone : longtemps considérée comme le « gold standard », elle inhibe la tyrosinase, enzyme clé de la pigmentation. Son usage est cependant limité dans le temps à cause d’effets secondaires possibles (irritations, dépigmentation irrégulière).
- Les rétinoïdes (trétinoïne, adapalène) : ils favorisent l’exfoliation, stimulent le renouvellement cellulaire et améliorent la pénétration des autres actifs.
- Les acides dépigmentants :
- Acide azélaïque : bien toléré, il réduit l’activité des mélanocytes.
- Acide kojique : freine la synthèse de mélanine.
- Acide glycolique : exfoliant doux, il affine le grain de peau et améliore l’efficacité des autres molécules.
- Les associations combinées : certaines formules réunissent hydroquinone, rétinoïde et corticoïde léger pour maximiser l’efficacité. Ces traitements donnent souvent de meilleurs résultats qu’un actif isolé.
Les traitements dermatologiques en cabinet
Lorsque les crèmes seules ne suffisent pas, des procédures réalisées par un dermatologue peuvent être proposées.
- Les peelings chimiques : réalisés avec de l’acide glycolique, salicylique ou trichloroacétique, ils exfolient la peau et atténuent progressivement les taches. Ils doivent être doux et espacés, surtout chez les peaux mates, afin d’éviter une hyperpigmentation post-inflammatoire.
- Le laser et la lumière pulsée : certaines technologies (laser Q-switched, laser fractionné) ciblent la mélanine pour fragmenter le pigment. Leur efficacité est variable, et un mauvais réglage peut aggraver les taches. Ces techniques doivent être réservées à des mains expertes.
- Le microneedling et la mésothérapie : ces procédés permettent d’introduire des substances dépigmentantes directement dans la peau et d’améliorer la régénération cutanée.
Les soins complémentaires et la prévention
En plus des traitements médicaux, quelques mesures de soutien renforcent les résultats :
- Hydratation régulière : une peau bien hydratée tolère mieux les traitements et paraît plus uniforme.
- Cosmétiques adaptés : choisir des soins non comédogènes, non irritants et sans agents photosensibilisants.
- Alimentation riche en antioxydants : fruits, légumes et oméga-3 contribuent à protéger la peau du stress oxydatif, facteur aggravant du mélasma.
- Éviter la chaleur excessive : hammams, saunas et expositions prolongées à la chaleur peuvent stimuler la production de mélanine.
La dimension psychologique et le suivi médical
Le mélasma, bien qu’inoffensif sur le plan médical, peut avoir un impact psychologique important. Beaucoup de patients ressentent une gêne sociale et une baisse de confiance en eux. Le rôle du dermatologue n’est donc pas seulement d’appliquer un traitement, mais aussi d’apporter un soutien et d’expliquer le caractère chronique de cette affection.
Un suivi régulier permet d’ajuster les traitements, de surveiller la tolérance cutanée et de prévenir les récidives. La patience est essentielle : les résultats sont progressifs et nécessitent souvent plusieurs mois de traitement.
Conclusion
Le traitement du mélasma repose sur une combinaison de mesures adaptées : une photoprotection stricte, l’utilisation de crèmes dépigmentantes et, dans certains cas, des procédures médicales en cabinet. Bien qu’il n’existe pas de solution définitive, une prise en charge régulière et personnalisée permet de réduire visiblement les taches et de retrouver un teint plus homogène. Le secret du succès réside dans la persévérance et la prévention, car le mélasma a tendance à récidiver. Grâce à un suivi dermatologique et à une bonne hygiène de vie, il est possible de mieux contrôler cette affection et de limiter son impact esthétique et psychologique.


